Il y a cinq ans, en mars 2020, les places financières mondiales subissaient un effondrement historique lié à la pandémie. Malgré une chute de près de 8 % en une journée, les indices américains ont rebondi en seulement quatre mois, marquant la reprise la plus rapide depuis un siècle et demi. En revanche, le recul déclenché fin 2021 par la guerre en Ukraine, l’inflation record et les ruptures de chaînes d’approvisionnement a nécessité 18 mois de redressement, illustrant la variabilité des cycles économiques.
Que retenir de ces événements ?
Aucun modèle ne prédit la durée d’un rétablissement : chaque crise a ses dynamiques propres.
Rester investi paie : les investisseurs qui ont patienté ont systématiquement été récompensés sur le long terme.
La récurrence des crises : une analyse sur 154 ans
Selon une étude de Paul Kaplan, ancien directeur de la recherche chez Morningstar, le marché américain a connu 19 effondrements majeurs entre 1871 et 2025. Ces épisodes, définis par un recul d’au moins 20 %, surviennent en moyenne tous les 8 à 10 ans. Parmi les plus marquants :
1929-1932 : Une chute de 79 %, aggravée par des politiques monétaires inadaptées.
1973-1974 : Une baisse de 51,9 % sous l’effet du choc pétrolier et des scandales politiques.
2000-2013 : La « décennie perdue » post-bulle Internet et crise des subprimes, avec une perte cumulée de 54 %.
Un portefeuille de 1 $ investi en 1871 (ajusté à l’inflation) aurait atteint 3,1 millions de dollars en 2025, malgré ces soubresauts.
Évaluer l’impact d’une crise : l’indice de sévérité
Pour quantifier l’intensité d’un effondrement, Kaplan a développé un indice combinant l’ampleur de la chute et la durée du rétablissement. Exemples :
1929 : Indice maximal de 100 % (79 % de baisse, 4,5 ans de récupération).
Crise des missiles de Cuba (1962) : Indice à 3,6 % (chute de 22,8 %, reprise en 11 mois).
Mars 2020, crise COVID : Indice le plus faible à 0,9% (19,6 % de baisse, rebond en 4 mois).
La crise de 2021-2023, avec un recul de 28,5 %, se classe 11ᵉ en sévérité, dépassant des épisodes comme le krach de 1893 ou la panique de 1907.
Cinq crises majeures et leurs particularités
1914-1918: Guerre et pandémie
Un investissement de 100 $ en 1911 aurait fondu à 49 $ après la Première Guerre mondiale et la grippe espagnole, avant de se stabiliser en 1919.
1929-1945: Dépression et conflit mondial
Après un bref rebond en 1936, de nouvelles politiques fiscales et la Seconde Guerre mondiale ont réduit la valeur à 52 $ en 1938. Le marché ne retrouvera son élan qu’en 1945.
1973-1982: Pétrole et instabilité politique
L’embargo de l’OPEP, la guerre du Vietnam et le Watergate ont provoqué une chute de 51,9 %, nécessitant près de 10 ans de récupération.
2000-2013: Bulles technologique et immobilière
L’éclatement des dot-com et la crise des subprimes ont fait plonger les marchés à deux reprises, avec un creux à 46 $ pour 100 $ investis en 2000.
2020-2023: Pandémie et tensions géopolitiques
Malgré des variations brutales, le marché a confirmé sa résilience, avec une croissance annuelle moyenne de 7 % sur le long terme.
Stratégies pour naviguer en eaux troubles
Diversifiez votre portefeuille : Répartissez les actifs selon votre profil de risque.
Ignorez le bruit médiatique : Les corrections passagères ne remettent pas en cause la tendance haussière pluriannuelle.
Pensez décennies, pas semaines : Sur 150 ans, les périodes de croissance excèdent toujours les crises.
Conclusion : La patience, clé de la réussite
Même lors des pires effondrements, comme celui de 1929, les marchés ont toujours surmonté les crises. Aucun investisseur ne peut anticiper la prochaine récession, mais l’histoire montre qu’un portefeuille diversifié et une vision à long terme transforment les turbulences en opportunités.
« Le temps est l’allié de l’investisseur discipliné. » — Réflexion inspirée des travaux de Benjamin Graham.
Avertissement : Ce contenu est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Consultez un professionnel avant toute décision financière.